C’est ce que révèle le Rapport d’Audit de la Cour des Comptes du Togo. Portant sur le thème « la lutte contre la ‘’féminisation de la pauvreté’’ à travers les outils de la politique agricole au Togo : cas des Zones d’Aménagement Agricole Planifié (ZAAP) », ce rapport définitif, publié en septembre 2025 et dont vient d’avoir possession notre Rédaction passe pour « un mauvais élève », la préfecture d’Agou parmi les cinq (05) préfectures que compte la région des Plateaux-Ouest dans la politique d’affectation des terres aux femmes.
Selon le rapport 2022 de la Banque Mondiale sur l’évaluation de la pauvreté et de la situation du genre au Togo, l’incidence de la pauvreté est significativement plus élevée dans les zones rurales (58,7%) que dans les zones urbaines (26,5%). Induisant en conséquence, un fort déséquilibre dans la répartition des pauvres par zone de résidence, avec une forte incidence dans les zones rurales qui comprennent 76,1% des pauvres au plan national.
Globalement, le même rapport de la Banque Mondial a évalué au plan national, l’incidence la plus élevée de la pauvreté qui est enregistrée dans la région des Savanes (65,1%), suivie de Kara (avec 56,0%) ».
Une problématique à laquelle a voulu répondre le gouvernement togolais par l’institution d’un certain nombre de mesures dont l’outil ZAAP dont cet audit de la Cour des Comptes vient d’en permettre d’apprécier l’efficacité des mesures prises en faveur de l’émancipation économique des femmes. En clair, le présent audit vise notamment à vérifier l’efficacité du mécanisme ZAAP et à s’assurer qu’il a permis de réduire le niveau de pauvreté des femmes bénéficiaires.
Le Rapport d’audit en condensé...
Ainsi donc, informe le Rapport, les travaux d’audit ont couvert la période 2019-2023 et portent sur la gestion des ZAAP par le ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et du Développement rural. Et pour l’exécution de la mission d’audit, la Cour a procédé par échantillonnage dans les régions agricoles de la Kara, Centrale et Plateaux, scindée en Plateaux-Ouest et Plateaux-Est. Et les entretiens ont été réalisés sur un échantillon de cent trente et un (131) ZAAP sur un total national de 225 ZAAP, créées entre 2010 et 2023 dont 25 pour la région Maritime, région des Plateaux-Est (17), région des Plateaux-Ouest (17), région Centrale (18), région de la Kara (79) et région des Savanes (69).
Vue superficielle sur le pittoresque paysage d'Agou...
La Préfecture d’Agou, « mauvais élève »
De l’audit, relève la Cour, il en ressort que dans les cinq (05) préfectures que compte la région des Plateaux-Ouest, les superficies attribuées aux femmes sont largement en deçà du pourcentage de 40% requis par la législature en vigueur au Togo. De façon détaillée, le Rapport révèle que les proportions de superficies qu’exploitent les femmes varient de 8% à Agou à 26% à Kpélé. Ceci, alors qu’en termes d’effectif, dans la préfecture d’Agou, les femmes représentent 42% de la population, 46% pour la préfecture de Kpélé et 47% pour la préfecture de Wawa. Des chiffres qui peignent un tableau moins reluisant de la situation de la femme en matière d’accès à la terre dans la préfecture d’Agou.
En somme, d’une région à l‘autre, le Rapport note des niveaux différents de mise en œuvre de la mesure d’attribution de 40% en faveur des femmes. Dans les quatre (04) régions cumulées couvertes par l’échantillon du présent audit, les niveaux de mise en œuvre sont très bas. Ils sont de 19,71% en superficie et 26,46% en effectif.
Préfecture de la Kara aussi épinglée
Si la région des Savanes a été exemptée de l’enquête sur le terrain, en raison des problèmes sécuritaires qui y prévaut, l’échantillon des ZAAP couvrant les régions de la Kara, Centrale, des Plateaux-Est et la région des Plateaux-Ouest indique que dans la région de la Kara, par exemple, le pourcentage de 40% de superficies de terres à attribuées aux femmes, conventionnellement admis au Togo, n’a été respecté dans aucune des sept (07) préfectures qui composent la région de la Kara, en termes de superficie et effectif.
Tirant ainsi la conclusion selon laquelle, globalement, les femmes sont plus vulnérables à la pauvreté au Togo, du fait de leur statut et de leur position sociale dans la société. Ceci, assorti des disparités fondées sur le sexe qui les affectent négativement accentuant cette situation. De même que la détérioration de leurs conditions de vie, ainsi celle de la baisse constante de leurs revenus.
Sur la base de ce travail scientifique, la Cour des comptes a fait plusieurs recommandations à l’endroit du Gouvernement, à travers le ministère en charge de l’Agriculture.
Nous utilisons des cookies pour améliorer votre expérience, analyser le trafic et personnaliser le contenu.
En cliquant sur "Tout accepter", vous consentez à l'utilisation de TOUS les cookies.
En savoir plus
Paramètres des Cookies
Cookies Nécessaires
Ces cookies sont essentiels au fonctionnement du site. Ils ne peuvent pas être désactivés.
Cookies Analytiques
Ces cookies nous aident à comprendre comment les visiteurs interagissent avec notre site.
Notifications Push
Permet de recevoir des notifications pour les nouveaux articles.