Pendant deux jours, assureurs, courtiers, intermédiaires et régulateurs de l'espace CIMA mettent au centre des débats, cette disposition qui stipule qu’il n’y a de couverture, sans paiement de prime.
Aujourd’hui, quinze ans plus tard, la préoccupation des acteurs, réunis dans la capitale togolaise, réside dans le fait que si la règle a permis d'assainir la trésorerie des compagnies et de réduire les créances douteuses, son application reste à géométrie variable.
En conséquence, l’accumulation des arriérés découlant de cette situation fragilise toute la chaîne, des assureurs aux distributeurs en passant par les assurés. D’où justement la pertinence de la rencontre de Lomé pour esquisser les voies et moyens de la normalisation.
« Quinze ans après l'adoption de l'article 13, notre priorité absolue doit être de faire passer la FANAF d'une simple fédération professionnelle à un véritable moteur de transformation économique pour le continent », a déclaré Mamadou Koné, le président de la FANAF.
Selon lui, c’est le seul moyen de reprendre la main sur la discipline des marchés et régler durablement la question des arriérés de primes qui n'est plus une option, si tant est qu’ils veulent bâtir une industrie financièrement souveraine, inclusive et capable de mieux protéger nos populations.
« Cette rencontre doit permettre de passer des constats aux actions concrètes. La fédération entend notamment renforcer les mécanismes de contrôle, harmoniser les pratiques professionnelles et consolider la discipline sur les différents marchés de l’assurance », a indiqué M. Koné.
Ouvrant les travaux, le ministre de la Santé et des Assurances, Jean-Marie Tessi a relevé l’alternative crédible que constitue les assurances.
Lui même acteur majeur du secteur au Togo, le membre du gouvernement assure que « cette discipline financière essentielle pour permettre au secteur privé d'accompagner efficacement le déploiement de la couverture sanitaire universelle et des systèmes de protection sociale sur le continent ».
Il n’a pas manqué de rappeler que sans solvabilité des compagnies, il n’y a pas de protection des populations. Dans son de bienvenue, le Président de l’APSAT, André Azibli, en sa qualité de co-organisateur du forum a insisté, convient-il de le rappeler, sur la fin des contournements. Pour lui, le principe "Pas de prime, pas de garantie" n'est pas un frein commercial, mais un mécanisme de protection des engagements et de sécurisation du paiement des sinistres.
Du panel inaugural aux échanges, il est relevé par les participants que l'automatisation de l'activation de la garantie dès confirmation du paiement, la gestion électronique des contrats et la traçabilité des opérations devraient permettre de réduire les interventions manuelles et les irrégularités administratives.
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