En France, le nombre de personnes en situation de prostitution est estimé à 40.000 au total. Du lot, la prostitution des filles mineures prend particulièrement une autre ampleur. C’est ce qui ressort des chiffres actualisés de l’Observatoire national des violences faites aux femmes de la France, publiés le vendredi 10 avril 2026.
France | Prostitution des mineures : Progression de 43% dans les quatre dernières années — © FLAMBEAU DES DEMOCRATES
Ce rapport officiel révèle que « la prostitution des mineures continue de progresser en France avec 704 victimes recensées en 2025 par les forces de l'ordre, soit une hausse de 43% en quatre ans (2021 et 2025) ».
Dans les détails, l’Observatoire relève notamment que de ces filles de plus en plus jeunes qui s’adonnent à la débauche, 416 sont victimes de proxénétisme et 288, victimes de recours à la prostitution. Par ailleurs, l’instance indique également que la quasi-totalité des victimes sont des filles, soit 94%. Aussi, est-il mentionné dans le rapport que comparativement à l’année 2024, 659 dont 435 victimes de proxénétisme et 224 victimes de recours à la prostitution ont été recensées.
Parallèlement à ces chiffres de l’Observatoire national des violences faites aux femmes de la France, la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (Miprof) a estimé, pour sa part, à 40.000, le nombre total de personnes en situation de prostitution en France.
Face à ces chiffres alarmants, le Gouvernement y voit "l'une des manifestations les plus alarmantes" de "l'exploitation sexuelle". En effet, Aurore Bergé, la ministre chargée de l'Egalité homme-femme et de la lutte contre les discriminations, abordant le sujet, a dénoncé une reconfiguration du fléau. « L'exploitation sexuelle, loin de reculer, se reconfigure et la prostitution des mineurs en constitue aujourd'hui l'une des manifestations les plus alarmantes », a fustigé la ministre qui note une monétisation des corps des jeunes filles.
« Ce sont des femmes, très majoritairement, des filles de plus en plus jeunes, des personnes en situation de vulnérabilité, dont les corps deviennent une ressource exploitée, contrôlée, monétisée », a-t-elle souligné.
A l’origine de la propension inquiétante du phénomène, il en ressort le rôle du numérique, notamment les réseaux sociaux, fortement mis à contribution. Selon les chiffres officiels, 86% des jeunes victimes accompagnés par les organisations dans l’amélioration de leurs conditions d'accueil par les forces de sécurité ont affirmé que la mise en contact avec les clients s'est faite en partie via internet, notamment le réseau social Snapchat.
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