« Monsieur le Président, où se trouve Moussa Kaka ? Pour quels faits est-il détenu ? Et quelles garanties sont prises pour assurer le respect de ses droits ? ».

C’est par ces interrogations que cette association de journalistes togolais engagés dans la défense des droits humains interpelle Niamey. Ces interrogations, précise-elle, ne constituent ni une accusation contre les autorités nigériennes ni une volonté de soustraire l’intéressé à la justice.

Elles expriment, plutôt, une exigence légitime de transparence, de protection de la dignité humaine et de respect des principes de l’État de droit, souligne cette lettre signée par Richard Aziague.

Media | Affaire Moussa Kaka : La JDHO interpelle le Général Tiani et exige la transparence

En effet, le 31 août 2026 vers 19h, Moussa Kaka quitte son bureau à Kalley-Est, à Niamey, pour rejoindre son domicile à Lossogoungou. Mais ce dernier n'arrivera jamais, son véhicule restant introuvable.

La disparition du journaliste nigérien, ancien correspondant de Radio France Internationale (RFI) survient deux jours après une mutinerie dans plusieurs casernes de Niamey.

Richard Aziague, Président de la JDHO
Richard Aziague, Président de la JDHO

Depuis sa disparition, il aura fallu attendre le 25 septembre à Genève, lors de l'Examen Périodique Universel du Niger à l'ONU, puis le 6 octobre à Reporters Sans Frontières (RSF), pour que le ministre de la Justice, Alio Daouda, avoue enfin que « Moussa Kaka est en vie et détenu par les autorités » pour avoir « commis une infraction ».

Un aveu qui, selon RSF, confirme le lien des autorités avec sa disparition depuis plus d'un mois, mais sans aucune information sur le lieu de détention, l'état de santé ou le fondement juridique.

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Fort de ces détails qui suscitent grande inquiétude au sein de la presse mondiale et particulièrement de l’opinion africaine et nigérienne, la JDHO, tout en mentionnant que M. Kaka reste avant tout un citoyen avec droit à une procédure régulière, formule des 6 exigences structurées en 6 points.

Ainsi, sans privilège aucun, ni impunité, elle demande au Président du Niger de :

  1. Faire la lumière sur les circonstances de sa disparition le 31 août
  2. Confirmer officiellement sa détention et son lieu d'enfermement 
  3. Communiquer les motifs et le fondement juridique de la privation de liberté
  4. Garantir son intégrité physique, son accès à un avocat
  5. Veiller au respect d'un procès équitable et de la présomption d'innocence
  6. Permettre à sa famille d'obtenir des informations fiables sur son sort
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Pour conclure, la JDHO, rappelle que les périodes de crise sécuritaire mettent les institutions à l'épreuve. Et c'est précisément dans ces circonstances que le respect des droits humains prend toute son importance.