Cette année, quelques 120 délégations venues de plus de 35 pays, réfléchissent autour du thème : « Bâtir un écosystème médiatique souverain et performant en Afrique ».

Intervenant dans le panel « Vers un pacte africain pour la liberté de la presse », modéré par Prof. Sylla Sow, membre du comité de rédaction de l’Article 19, Loïc LAWSON a fait une présentation remarquable, empreinte d'originalité.

Loïc LAWSON, lors de son intervention, ce samedi à Dakar
Loïc LAWSON, lors de son intervention, ce samedi à Dakar

Dans son analyse de la situation, en lien avec le thème, il a fait observer que bien que la liberté de presse soit proclamée dans les constitutions en Afrique, il n’en demeure pas moins vrai qu’elle éprouve bien de difficultés à être traduite réellement dans les faits.

Selon le Président de l’UPF Internationale, trois failles essentielles hypothèquent cette garantie fondamentale. D’abord, énumère-t-il, au plan juridique, la survie des lois liberticides, une dépénalisation inachevée induisant conséquemment des détentions pour délit de presse encore dans près d’une vingtaine de pays sur le continent.

Liberté de presse en Afrique : La proposition originale de Loïc LAWSON à Dakar

La charpente d'un Pacte africain à 3 piliers

Ensuite, au plan professionnel, il relève que 60% des journalistes exercent sans contrat, ni assurance, encore moins une carte de presse. 

Une évidence régressive qui débouche inéluctablement sur une situation économiquement exsangue qui prédispose les médias à une disparition programmée.

Fort de cette approche analytique, le journaliste Togolais fait une proposition structurante et triptyque pour un Pacte Africain qui garantisse véritablement des médias plus responsables pour une Afrique plus éclairées. Il s’agit de :

  1. On ne décrète pas la liberté de presse, on la garantit. Juridiquement, professionnellement, économiquement.
  2. L'UPF propose la carte de presse africaine.
  3. L'institution d'un Juge des libertés de presse dans chaque pays.
Dr Bacary Sarr, ministre de la Communication, des relations avec les institutions et porte-parole du Gouvernement du Sénégal, lors de son allocution de clôture
Dr Bacary Sarr, ministre de la Communication, des relations avec les institutions et porte-parole du Gouvernement du Sénégal, lors de son allocution de clôture

Ce Pacte n'est dirigé contre personne

Sur ce dernier point, il a notamment expliqué que la création, dans chaque pays, d’un juge des libertés de presse, spécialement formé, aura pour avantage d'éviter des cas de détention préventive abusive. 

De plus, M. LAWSON préconise une convention collective minimale dans chaque rédaction assortie de contrat, salaire décent et protection sociale. Puis, un mécanisme d’alerte rapide en l’espace d’une heure sur le continent.

« Ce Pacte n’est pas contre les Etats. Il est pour les Etats », a rassuré Loïc LAWSON, estimant qu’un Etat fort a besoin d’une presse forte, avec des journalistes protégés, formés et responsables.

Démarrée jeudi, cette deuxième édition du SIMA, s’est achevée ce samedi.